Ce que le démuni
reproche au nanti
davantage sa fortune
que
sa bonne
fortune
Yusuf Kadel
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Charbon
et diamant bien qu'unis
par le sang
jamais ne se côtoient
Rien ne s'interpose
comme l'éclat
Yusuf Kadel |
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Qui
dit le contraire
de ce qu'il pense
et fait le contraire
de ce qu'il dit
est
contrairement à ce que l'on pourrait penser
toujours en règle
avec lui-même
Yusuf Kadel

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Sous la surface, à fleur de peau,
les pétales du rêve
aux mille visages,
fugitifs insaisissables,
offrant par procuration
leur nullité de chair
à la voracité du
souvenir.
Jean Gédéon
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Griffure
zébrant les écailles du ciel,
et sur le corps,
le sang de ses blessures.
Les souvenirs scotchés
aux bleus de la mémoire,
petits nuages amnésiques
qui se moquent des temps
comme de leur première
averse.
Jean
Gédéon
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On est parfois
prodigue
du sang des autres,
quand il roule,
de la source
lointaine,
ses millions d'hectolitres
mêlés de larmes et
d'écume.
La statistique
sans visage
oblitère le cri.
Jean
Gédéon

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Au soir du jardin
L'olivier veill encore
Ciboire d'argent
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Femme de l'ombre
Echo insaisissable
Sa soif demeure
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Le ciel s'égrène
Rien n'est vrai entre nos mains
L'univers tient bon
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Le jour se referme
Chaque mot doute de lui-même
Gribouillis de l'âme
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Geneviève Bertrand
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Fleur de primevère
Le rythme d'un jour d'hiver
Sa brièveté
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Regarde
Ici, me cerne le feu de dire
Et de plus loin encore, accourent les bêtes affolées.
Je t'écris
Je remplis l'espace entre la lettre et le poème
Pour que les mots te disent autre chose que l'absence de la parole.
Je te parle
Je rapproche le mot du corps
Pour que la distance ne se faufile plus
Entre les pas et la langue.
Et d'une lettre à l'autre
E d'un poème à l'autre
Je construis une parole trempée
Pour que revenue de ton exil
Tes pas fuient les chemins de départs
Toi, cosmonaute qui désertes ton corps
Pour te protéger des paroles mensongères.
Demain j'aurai peur de ta mémoire.
Alain
Serge Dzotap
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Les
portes de ma mémoire
Cèdent une à une
Et je mords le souvenir
Pour le réduire au silence.
Je calfeutre tout avec l'oubli
(quelques débris de paroles trouvées ça et
là,
des croquis d'un temps meilleur, etc.…)
Et je mets ma mémoire sous chloroforme
Pour que le souvenir atteint d'écholalie
Ne m'assassine plus avec tes dernières paroles.
Alain
Serge Dzotap
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Un
instant de toi,
Ivresse
Pour le reste du voyage.
Me voici
Livre ouvert
Par les mots
Qui désirent
L'oeuf bleu de l'horizon.
Alain
Serge Dzotap
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Ta
parole-désert
Me brûle.
Je me suis égaré sur ses dunes
Qui enfouissent les pistes à venir
Et les oasis défaites.
Derrière moi
Mes pas tissés dans le sable se disséminent,
Emportés par le vent plus rapide que moi.
Je me suis élancé à ma propre poursuite.
Impossible de rattraper mes traces que le vent me dérobe
Et ici, impossible de deviner la direction que tu as prise.
Là, s'est éteinte ma quête de sens.
C'est depuis ce jour que je chausse l'errance.
Alain
Serge Dzotap
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L'alizé imprévu
Le long des murs intérieurs
Fait,
Entre douze colonnes de couleur,
Un nuage dilué.
L'alouette
Epouse
Notre vie
Sans secrets
Les
apparences
S'inscrivent
Sous la famine du jour.
Et mes
yeux
Sur nos gestes
Préparent mille fleurs
Blanchies
A tes épaules.
Vous
supportez le mineur
Que la soif nourrit
De la dernière belle paysanne.
Que la soif qui le ravage
Recommence indéfiniment
Son salut !
Belle clarté sur son corps,
Couvre le repos
D'un homme rougissant.
Le
tonnerre trop bas
Te mènera cultiver
Les murailles,
Les lèvres
Et le ciel.
Sébastien
Annereau

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Dessiné mille courbes
Arrondi les angles
Les mots transformés en un plus puissant partage
Âpreté
insatiable
Nous ne rêvons plus
Oubli des cœurs blessés que nous ne pouvons dire
Aucun
bruit
Lassitude
J'attends de vous tellement.
Stéphane Girard (inédit)
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L'écho
des collines
Diffus
Refusé au songe
Les
rires stériles
Au métal bleu de nos silences
À
quel désir ?
Stéphane
Girard (inédit)
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Elle
avait, pour dire la fragilité,
Des mots qui se perdaient dans l'automne.
Elle
avait la force de l'ombre capricieuse.
Stéphane
Girard (inédit)
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ligne verte
Àl'horizon
lit de grenouilles.
Vache
dans un pré
en noir et blanc.
Tas de fumier
sous le coq
Soupirs...
Isabelle Beaupérin
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Pluie
d'étoiles incessante
Au cours de l'eau
Je marche
Je rattrape le fil.
Isabelle Beaupérin
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Pluie
qui s'abat
Dans le jardin
Déconfiture
Tronçonneuse
déréglée
Me gâche
Le bruit des arbres.
Isabelle Beaupérin
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Être
léger
Plus léger que l'eau
Barbotages...
Isabelle Beaupérin
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Cendres,
malgré tout, longtemps,
la terre garde le mort,
personne ne vient là, comment dire ?
Bref,
brûlant, restent le mort,
même sur une ligne lointaine de terre,
et la pauvreté des mots, la bouche entre les mains
Le nom difficile du mort
comment vit-il sur une ligne lointaine de terre ?
Animal de lumière
Jean Gabriel Cosculluela
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Ciel de traîne
Les
nuages froncent les sourcils
et,
dans un même élan,
une ondée plisse le ciel.
Chantal Couliou
Jours de pluie
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Les
manigances de la pluie
Fine ou battante
elle cache ses humeurs
derrière un rideau d'orage,
et lapide nos envies
de bleu.
Chantal Couliou
Jours de pluie
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Ce matin,
la pluie qui battait la campagne
depuis plusieurs jours
s'est assise
dans les brouillons du jardin.
Chantal Couliou
Jours de pluie
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La nature a ce pouvoir
de se mettre en quatre ...
Elle émince la Terre en fines lamelles de joie,
Elle écale le ciel pour le déshabiller de sa pluie,
Elle fait revenir le feu sur quelques fou rires,
Elle agrémente le tout d'un vent en vinaigrette...
La nature offre sa salade
fraîcheur à qui va ...
Puisque son rêve poivré,
C'est que sa macédoine de bonheur
vête à jamais d'un arc-en-ciel
les cœurs des hommes ! ...
Laetitia Nguyen
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Je n'y
vois rien, il y a trop de brume
Je fais du vent, des mouvements
J'arpente, je fais les cent pas
Je cours devant, je vais plus vite pour voir
Plus vite pour rien, plus vite pour juste...
Puis rien, puis tard, puis tôt
Si je monte, si je vole, si je rampe
J'éblouis, j'articule, je désembue
Je m'abuse, je canicule, je m'use
J'envisage, je présage, je m'engage
Dérapage, j'escalade à la nage
Je me tiens, tu me tiens, allez viens
Rien plus rien, rien à voir
C'est trop c'est trop tard
Y'a trop de brume
J'arrive pas
je vois rien
Regarde
Quoi ?
Regarde, c'est tout bleu
Ah oui.
Michel
Gendarme - Rivages
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Tu
sais, tu devrais rêver,
Prendre les silhouettes pour des vessies,
Les lanternes pour des alouettes,
Les assis pour des gens debouts,
Les éclairs pour du passé.
Soit.
J'écumerais
Je vague-à-l'âmerais
Je coucher-de soleillerais.
Michel
Gendarme - Rivages
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Comment
s'ouvrent les portes ?
Et
comment se ferment-elles ?
Sur
quelles craintes?
Sur quelles promesses ?
Quels
vœux murmurés
À l'allant d'une route qui s'enfuit
Au couchant d'un horizon clos ?
Anne
olivier

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Ta venue
C'est l'heure
En
préparation
En exaspération
En espéranciation
En renonciation
En élucubrations
Et puis te voilà
Anne olivier
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Connivence
La
connivence
De l'instant et de toi et de moi
(tous trois réunis)
Le
délié
En percevoir l'essence
La consistance
Et le vivre
Anne
olivier
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Dormir
ensemble
Dans la
maison des mains
Se regardent les silences
S'épanchent les douceurs.
Glisse la lente étreinte des secondes éternelles
Tandis qu'au confluent des corps
Les tendresses répandues
Apaisent les souffles
Et enfantent les songes...
Anne
olivier
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